Nous vous avions présenté dans la rubrique "News" une dérive en plongée sur le Donator le 2 septembre 2007.
Nous vous présentons aujourd'hui le récit de cette dérive par Marc et Benoît, une analyse d'Eric Frasquet qui organise régulièrement des stages épaves dans le Var (83) et l'avis de Jean qui a plongé récemment sur cette épave...
Vous trouverez à la suite un récit sur cette dérive qui s’est bien
terminée. Merci à Marc et Benoît de nous avoir fait part de leur déconvenue dont
le récit pourra être utile à tous.
Suite aux renseignements pris auprès de plongeurs qui avait plongé le mercredi précédent, ils avaient prévus de plonger entre deux bouées situées sur site.
2 bouées ou plutôt devrait-on dire deux bidons mouillés sur l'épave du Donator dont un rouge à l'arrière et un bleu à l'avant, distant de quelques dizaines de mètres.
Arrivé sur site, Marc et Benoît se fixent comme plan de plongée:
Une descente sur le bidon situé à l'arrière, 20 minutes
maximum au fond ou le premier arrivé à 100 bars, puis remontée
le long du Bout du "bidon" à l'avant afin de faire les paliers.
La planification projetée est donnée au pilote et à l'équipage du navire support qui sont tous des plongeurs expérimentés.
Il est convenu également que l’envoi de deux parachutes côte à côte signifie un besoin de gaz pour faire face à une panne aux paliers.
Pour finir, la sécurité surface est informée également du parcours, ainsi que des paramètres de plongées et heure prévisible de sortie.
Un bi-bouteilles est également gréé avec deux détendeurs et prêt à être mis à l'eau depuis le navire support.
En descendant, la palanquée constate un courant assez fort présent sur les dix premiers mètres, puis nul une fois arrivé au fond.
Au bout de 20 minutes d’exploration de cette magnifique épave et arrivés à l'avant, ils constatent alors que le bout du "bidon" distingué en surface n'est pas celui de l'avant comme prévu initialement.
En effet, le bout du "bidon" est mouillé sur le fond et non sur l'épave comme ils l'imaginaient.
Ils ont pensé un temps qu'il s'agissait probablement de celle de l’épave du Grec située beaucoup plus loin. Mais rien de sûr !
Face à cette situation inattendue, il faut s’adapter, la planification envisagée ne pouvant être suivie à la lettre.
Un retour en arrière pour atteindre la bonne bouée, vu la profondeur d’évolution et le temps de plongée ferait sortir la palanquée des paramètres fixés avec les conséquences en terme d’autonomie en gaz et de décompression.
Ils optent pour un retour en pleine eau avec palier sous parachute.
Mais avec l'important courant, ils ont beaucoup dérivé depuis leur mise à l'eau.
Ils ont à réaliser des paliers de 3 minutes à 6 mètres et de 18 minutes à 3 mètres.
Résultat, une dérive de 1,5 milles marins depuis le site de mise à l’eau.
Le pilote sur le navire support de plongée ne voyant pas les plongeurs de retour a rapidement déclenché l’alerte en contactant le CROSS-MED par VHF.
Pendant ce même laps de temps, ils ont pu se rapprocher de la côte et un voilier battant pavillon anglais les a récupéré à son bord.
Aussitôt à bord, le voilier a confirmé, par VHF, la récupération des deux plongeurs, sains et saufs, au CROSS-MED.
Le CROSS-MED a pu ensuite libérer les moyens de secours engagés sur cette opération.