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AQUA-WEB.NET - Denis JEANT - toute la plongée loisir, livres de plongée, all the scuba diving leasure

05
05 Dec 2008
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Plaidoyer pour la DTH et la RSE (suite) Convertir en PDF Version imprimable Sugg�rer par mail
(6 évaluations)
�crit par Claude DUBOC   
28-02-2008
Index de l'article
Plaidoyer pour la DTH et la RSE (suite)
Page 2
Page 3





 

La DTH et la RSE : aspects techniques

Il est illusoire de rechercher la reconstitution d'une situation réelle dans une épreuve codifiée puisque, justement, la réalité est exceptionnellement strictement conforme à ce qui était prévu.

Le standard a donc pour seule ambition de vérifier qu'une compétence a bien été acquise et que, dans une situation donnée probablement différente, le plongeur aura la capacité à produire la réponse adaptée. Une compétence doit donc être transférable.


La DTH n'est donc pas un sauvetage, tout comme la RSE n'est pas une remontée utilisable en cas de panne d'air. On notera que cette conception est totalement novatrice par rapport au discours qui était tenu il y a seulement une décennie : c'est encore un "dinosaurisme" sans doute…

Il est donc indispensable de revenir brièvement mais fortement sur les objectifs de ces deux épreuves.

La DTH vérifie la capacité à effectuer un certain nombre de gestes techniques contrôlés en fournissant un effort modéré en hyperbarie.
Le véritable sauvetage n'a aucune raison d'être codifié puisque chaque circonstance sera spécifique.
La remontée de 30 mètres du Plongeur Niveau 4 n'est pas plus réaliste puisqu'il s'agit d'une démonstration technique au cours de laquelle le regonflage du gilet est pénalisant et l'utilisation du palmage est proscrite.

Une épreuve de "sauvetage libre" est à inventer : on proposerait au plongeur un scénario d'accident ou d'incident et on lui demanderait de résoudre le problème dans les meilleures conditions, avec le choix des moyens. Ce serait en quelque sorte l'application du "what if" chère aux plongeurs tek.
Cette épreuve faisait partie des propositions du groupe de travail à l'origine des contenus de formation actuels. Elle n'a pas été retenue par la CTN.

La RSE quant à elle vérifie la capacité à gérer sa ventilation et la remontée à vitesse contrôlée. Elle est très significative de la sérénité du plongeur, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas une qualité dénuée d'intérêt pour un encadrant.

Ces deux épreuves sont très peu accidentogènes si ce n'est dans de rares cas de plongeurs insuffisamment ou mal préparés ou encore présentant même éventuellement des caractéristiques physiologiques peu compatibles avec le désir de devenir encadrant.

 

Une réforme s'impose-t-elle ?

Pourrait-on envisager de remplacer ces épreuves codifiées par d'autres tests pour évaluer l'acquisition de ces compétences ? Pourquoi pas ?


A la limite, ces compétences sont-elles indispensables à un encadrant ? A voir.


Doit-on maintenir les évaluations ponctuelles gérées par les CTR et sinon, par quel processus d'évaluation doit-on passer sachant que le contrôle continu aboutirait obligatoirement à des dérives ?

Ces questions sont légitimes et les contenus de formation qui sont maintenant âgés de plus de dix ans méritent un toilettage et une actualisation, c'est une évidence.
Les réflexions ont déjà débuté dans le cadre du Collège des Instructeurs Nationaux et et des Collèges des Instructeurs Régionaux afin de modifier les contenus de formation, en conformité avec la promulgation du nouvel arrêté. Pour l'instant, cette refonte est au point mort puisque le projet qui était considéré comme une urgence absolue il y a quelques mois reste lettre morte : à suivre…
 
En tout état de cause, pour ma part, je refuse absolument que la réponse à ces questions soit dictée par la volonté de s'aligner sur les systèmes anglo-saxons.


Nous n'avons aucune raison, ni aucun droit d'ailleurs, de considérer que leurs méthodes sont plus mauvaises que les nôtres mais nous n'avons pas non plus l'obligation de nous aligner sur leurs méthodes sous le prétexte qu'ils sont majoritaires dans le monde. J'ai une certaine tendresse pour nos spécificités à condition, bien sûr, qu'elles ne nous enferment pas dans le sectarisme et dans l'isolation protectionniste.


Il suffirait de laisser la poignée aux techniciens des différentes écoles afin que la cohérence entre les systèmes soit établie en termes de compétences et non en raisonnant sur les standards à utiliser.  

 

Les instructeurs : des dinosaures ?

Un dernier commentaire maintenant sur l'image de marque complaisamment véhiculée par certains : les instructeurs seraient par nature des dinosaures…Il est inutile d'insister sur l'aspect péjoratif de cette qualification.


Tout d'abord, je revendique pour ma part le classement dans cette catégorie reptilienne en référence au scandaleux éditorial du Président dans le dernier Subaqua (revue Subaqua n°216 de janvier/Février 2008). Il ne faut surtout pas confondre opinions divergentes avec obstructionnisme.

Il me semble bien que c'est la base de la démocratie qui permet justement d'exprimer des idées différentes et de les défendre.

Il en va des Instructeurs Régionaux et Nationaux comme de n'importe quel échantillon de population et vouloir classer tout le monde dans une catégorie sur la simple base de la fonction exercée s'apparente manifestement au "délit de sale gueule". Certains sont progressistes (j'espère être de ceux là), d'autres moins et peut être même certains pas du tout.


En tout état de cause, c'est cette diversité qui permet le débat et les avancées.
Quand on fait le bilan des innovations introduites pendant les deux derniers mandats de la CTN, il serait de la plus parfaite mauvaise foi de prétendre encore qu'il s'agit d'immobilisme.

 

Instructeur National (progessiste) de la FFESSM
Membre du club des Dinosaures Subaquatiques (pour adhérer veuillez contacter Claude Ok).                 

NDRL: vous pouvez compléter votre lecture par l'article du même auteur intutilé: " En quoi l'enseignement de la technique du plongeur peut-il constituer un paradoxe ? paru dans la revue Subaqua n°216 de janvier/Février 2008 - page 92 et 93.
 
Derni�re mise � jour : ( 12-05-2008 )
 
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