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Une impasse statistique en plongée en France ?
En
matière de santé publique, l’importance des études épidémiologiques
n’est plus à démontrer. Elles contribuent à la compréhension,
l’évaluation des risques des accidents et maladies afin de développer
des politiques de prévention. D’une manière générale,
le problème des études statistiques menées dans le domaine
des accidents de plongée est leur manque de représentativité (Certains
chiffres de l’enquête nationale de la Commission Médicale et de Prévention Nationale de la FFESSM... laissent effectivement dubitatif ...).
Rappelons que depuis de très nombreuses années, en France,
on est incapable de connaître avec un minimum de précision le nombre nombre d'accidentés en plongée mais également
de pratiquants ....
Lire notre
article: Plaidoyer pour une meilleure connaissance des accidents de plongée en France.
Pour être significatif un nombre d'accidents doit être comparé par
rapport au volume d'activité ...
Même de ce côté, ce n'est
guère plus glorieux !!!! Hormis les quelques données issues de l'étude de l'AFIT (aujourd'hui ODIT France) qui datent déjà de 1997,
personne n'est capable de dire avec précision quel est le nombre de pratiquants
de la plongée loisir en France !!!
Comme nous l'avons déjà précisé dans notre article:Plaidoyer pour une meilleure connaissance des accidents de plongée en France, pour avoir des données représentatives dans le cadre des accidents de plongée, il faudrait une enquête nationale transversale qui prenne en compte
toutes les sources de données disponibles (centres hyperbares, pompiers,
marins-pompiers, spéléo-secours, SAMU, CROSS, et non une seule
et unique source de données.
Cette méthode des études croisées est employée par
l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS) (Référence bibliographique)
dans toutes ses études épidémiologiques. Cf. l'étude
sur les noyades, menée par l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS) sous l'égide du Ministère
de la Santé, du Ministère de l'Intérieur et du Ministère chargé des sports (Référence bibliographique).
Assureur et épidémiologie en plongée ou de salon ?
Un assureur aussi brillant soit-il dans son domaine aurait-il des compétences en épidémiologie à lui tout seul ?
On peut se poser légitimement la question quand on sait qu'il s'agit d'une spécialité médicale en tant que telle et qu'elle fait souvent appelle à des équipes de chercheurs spécialisés. L'Institut National de Veille Sanitaire (INVS) déjà évoqué en est un bon exemple. Chacun son rôle et son domaine de compétences.
La vue d'une interview proposée en vidéo sur le site de notre confrère Plongeeonline.com dans laquelle M. Jean Lafont, l'assureur fédéral, répondait à une journaliste sur la variation du nombre d'accidents de plongée en France finit par nous convaincre des limites d'une telle pratique par l'"assureur fédéral".
Cette dernière allait dans le sens de dire que les accidents de plongée en France seraient cycliques mais que globalement ils seraient aussi stables en nombre et depuis déjà des années. Malheureusement, cette vidéo comme toutes celles sur le dernier salon de la plongée de Paris 2008 ne sont plus disponibles à cette heure, sur le site de Plongeeonline.com.
D'ailleurs pourquoi M. Jean Lafont, assureur de la FFESSM qui est cité en exemple par M.
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, le président national dans son rapport pour l'année 2007, ne publie pas ses chiffres dans le domaine des accidents de plongée et dans l'intérêt de tous les licenciés ?
Il n'hésite pas, par ailleurs, à communiquer dans le domaine commercial avec une certaine efficacité sur son site Internet ou par mailing ou dans Subaqua ou lors des nombreuses manifestations de la FFESSM tant au niveau régional que national, comme lors du salon de la plongée de Paris...
Rappelons à ce sujet que chaque licencié de la FFESSM est libre de s'assurrer où bon lui semble, notamment en ce qui concerne l'assurance individuelle complémentaire. Par conséquent, certains licenciés accidentés ne sont donc pas comptabilisés dans les sinistres de cet assureur. De même, tous les plongeurs et plongeuses en France ne sont pas nécessairement licenciées à la FFESSM: ANPER, ANMP, SNMP, FSGT, PADI, NAUI, SSI...
Quelles sont les actions de prévention nationale d'envergure ("informer, prévenir" de la citation évoquée) qu'aurait conduit l'assureur de la FFESSM ?
Nous avons dans ce domaine des bons exemples de collaborations d'assureurs avec l'ensemble des acteurs du milieu de la montagne dans le cadre de la campagne
nationale et annuelle de prévention sur les
loisirs d’hiver: “Pour que la montagne reste
un plaisir”, conduite tous les ans sous l'égide du Ministère chargé des sports.
Durant cette collaboration de 35 ans cette année, entre le cabinet Jean Lafont, assureur et la FFESSM, qu'est ce qui a été fait dans ce domaine de la prévention des accident de plongée ou pour une meilleure connaissance de ceux-ci ?
témoignage de la mère d'un jeune plongEUR DéCéDé
Guilhem, la plongée, une passion interrompue par Jo Gril
Collection au delà du témoignage
ISBN-10: 2747508994 - 1 novembre 2003
Editions L'Harmattan - Paris
Guilhem avait 21 ans, il plongeait avec bouteilles et en apnée dans
un club depuis 5 ans. Il était initiateur en plongée bouteille
et en apnée dans ce même club depuis plusieurs années et s'apprêtait
à passer le Niveau 4 afin d'être formateur fédéral.
La mer était son élément, les poissons sa passion depuis l'âge
de cinq ans. Longtemps il avait pêché à la ligne, avant de pratiquer
la chasse sous-marine. Ses études étaient orientées dans ce
sens, il venait d'obtenir son Deug de biologie avec succès.
Plus tard, il souhaitait s'orienter vers la recherche dans la
faune marine.
L'après midi du 5 août 1994, Guilhem chassait aux Magnons, à
la pointe du Grand Rouveau, aux Embiez ; il n'est pas rentré
à l'heure prévue. Son corps a été retrouvé le lendemain dérivant
à 20 km de là, par un plaisancier qui sans se dérober, a prévenu
la gendarmerie.
Selon le commandant qui a effectué les recherches, la précision
et la rigueur dont son bateau était équipé, a permis de penser
qu'il s'agissait de quelqu'un de très sérieux, son erreur ayant
été de partir seul.
Le
besoin d'écrire s'est imposé à elle dès qu'elle a appris la nouvelle.
Elle voulait faire connaître Guilhem afin qu'il ne reste pas enfermé
dans le drame. Elle avait besoin de dire qu'elle avait été sa vie, ce
qu'il avait réalisé, ce qu'il avait été.
C'est ainsi qu'après cinq années d'écriture douloureuse,
le livre a vu le jour.
Je cite l'auteur de cet ourvrage, mère de ce jeune plongeur de 21 ans décédé:
Page 42:
"(...) La connaissance du danger qu'il courrait était théorique et abstraite. Les chiffres et pourcentages d'accidents n'étant pas répertoriés par la fédération (FFESSM), ils étaient ignorés des pratiquants, surtout si ceux-ci s'entraînaient en piscine dans la région parisienne, loin de la mer où la transmission orale
des accidents est plus courante.
En même temps que nous étions confrontés à la térible réalité, nous prenions conscience du risque de scyncope, de sa gravité, des on caractère fulgurant, imprévisable et insidieux.
Dès que nous sommes rentrés, nous avons organisé chez nous, une réunion pour réfléchir ensemble sur les circonstances et les causes de l'accident. A cette occasion nous avons appris que Guihem, lors d'un entraînement au club, avait eu un début de syncope quelques années auparavant, peu de temps après sa majorité. Malheureusement le dialogue à peine amorcé s'est interrompu. après un certain nombre de communications téléphoniques nous avons eu le sentiment que les responsables du club ne se sentaient
pas concernés
puisque l'accident avait eu lien en dehors des activités encadrées. Surtout, ils ont craint, si l'on en parlait, que cela puisse ternir leur image de marque, "faire fuir les nouveaux adhérents et attirer les dingues", selon les propos d'un responsable.
Ils ont adopté un certain fatalisme, permettant de penser que toute action de prévention était inefficace. (..)
Page 43:
Devant le manque de communication avec les responsables du club, et pour en savoir plus, nous nous sommes adressés à la Fédération Française d'Etudes et des Sports Sous-Marins (FFESSM) à laquelle le club était affilié.
Notre premier soucis était de connaître les statistiques d'accidents; avec étonnement nous avons découvert qu'aucune recherche fiable n'avait été faite. La fédération nous a alors dirigés vers l'assureur qui nous a donné des statistiques très partielles, ne pouvant répertorier que les accidents déclarés.
A cette occasion l'assureur (Le cabinet Lafont était déjà à l'époque, l'assureur de la FFESSM - note d'Aqua-web.net) nous a demandé si nous avions déclaré l'accident et si le club l'avais fait de son côté. (...) Nous avons également appris qu'ils n'avaient jamais déclaré la syncope de notre fils survenue lors d'un entraînement en piscine quelques années auparavant, ce qu'ils auraient dû faire.
Page 44:
Dans la mesure où elle avait été vite repérée, le club l'avait banalisée, ne nous avait rien dit, puisqu'il était majeur (...) Interloqués par ce manque de rigueur nous avons tenté de connaître les réglements de sécurité; à ce jour, nous n'avons pas réussi à savoir s'il en existe.
Les responsables et l'avocat de la fédération (FFESSM), que nous avons questionnés ont éludé ce problème en adoptant une attitude incroyablement défensive: lors de la communication téléphonique, l'avocat de la fédération nous a répondu que les responsables de club n'avaient pas que cela à faire (déclarer les syncopes), que ce genre d'incidents était fréquent, mais sans gravité. Notre fils venait d'en perdre la vie !
Nous avons essayé, en vain, de leur faire entendre que ce serait l'occasion d'effectuer un vrai travail de prévention...
Compte tenu des réticences que nous rencontrions nous avons cherché à mieux connaître ce milieu.
Après avoir parlé avec différentes personnes de la fédération de plongée: médecins, formateurs, simples adhérents...nous avons découvert que des conflits importants existaient entre les apnéistes et les plongeurs-bouteilles, alors que la fédération cautionne ces deux activités. Cette situation destabilisante est source de danger pour les jeunes qui pratiquent les deux disciplines. Comment peuvent-ils se former correctement et trouver leur place, surtout lorsqu'ils sont dans un club qui dénigre la chasse sous-marine ? Nous avons été également frappés par le manque de rigueur en ce qui concerne l'application des régles de sécurité, laissée à l'initiative de chaque président de club. (...)
Page 45:
La seule chose que nous avons obtenue de la fédération nationale (FFESSM) a été la publication d'un article dans leur revue, Subaqua.
Toutefois cet article n'a pu paraître dans son intégralité, comme nous le souhaitions. Il a suscité quelques réactions, mais trop peu, nous avons eu l'impression que nous étions pas à notre place, que nous étions des gêneurs. Depuis la parution des articles nous n'avons pas eu d'autres contacts avec la fédération, nous ne pouvons savoir si nos démarches ont été suivies d'effets. (...)
Nous en gardons un sentiment de peu de respect et de manque d'humanité. Pourtant nous restons persuadés qu'un renforcement de la prévention est encore possible et que des vies humaines pourraient être sauvées. (Fin de citation)"
http://lecontga.club.fr/passionsport/temoignage.htm
L’accident s’il s’accompagne d’un retour d’expérience
peut être une opportunité de progrès collectif et non se
limiter à une “parenthèse malheureuse” à vite
oublier. Mais pour cela, il faut se remettre en question...
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