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AQUA-WEB.NET - Denis JEANT - toute la plongée loisir, livres de plongée, all the scuba diving leasure

08
08 Oct 2008
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Un arrêté en panne, entretien 2 Convertir en PDF Version imprimable Sugg�rer par mail
(4 évaluations)
Articles - Articles en ligne
�crit par Denis JEANT   
19-05-2008

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Nous vous proposons le deuxième épisode d'une série de quatre entretiens avec Michel Chauveau qui sont publiés toutes les semaines.
 
Cette série a pour objectif de mettre en lumière des hypothèses sur les raisons de la panne de l'arrêté relatif à la réglementation sur la plongée organisée en France et d'élargir le débat à son avenir...

Un arrêté « en panne ». Ce qu’on ne vous avait pas dit …

2e épisode: Pourquoi "une méthode française de plongée" ?  

 

Si vous ne l'avez pas fait, veuillez lire en premier, notre article: Un arrêté en panne ? qui a initié cette série d'entretiens.
Mais également notre premier article de la série:
Un arrêté en panne, entretien 1: Quelles étaient les orientations de la réforme ?.

 

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Série d'entretiens avec Michel CHAUVEAU

Michel CHAUVEAU est inspecteur principal de la Jeunesse et des Sports. Comme beaucoup de ses collègues, il a eu des responsabilités variées, en direction départementale, régionale, en établissement et en administrations centrales.

Il a notamment été directeur régional, en région Centre, et directeur de l’Institut National du Sport et de l’Education Physique (INSEP) pendant plus de cinq ans.

Il a également exercé les fonctions de coordonnateur des brevets d’Etat dans des activités sportives qu'il connait plus particulièrement, puisqu'il en a des diplômes de moniteur, en aïkido, pendant dix ans, et en plongée subaquatique, de 2003 à 2007.

Il est en effet comme il le précise un "paléo-plongeur", ayant commencé la pratique en 1969.

 

 

Il a obtenu le brevet d’Etat du premier degré en 1976. Il pratique régulièrement en tant que plongeur ou encadrant et a acquis les qualifications nitrox, trimix et recycleur.

C’est d’ailleurs du fait de ses compétences en la matière que le Ministère chargé des sports lui a demandé de prendre cette responsabilité, quand son prédécesseur dans les fonctions d’inspecteur coordonnateur, Claude MOLINARI, est parti en retraite. Il s’agissait par ailleurs, en complément, de conduire la réforme des formations et de contribuer au règlement des dossiers en suspens (réforme de l’arrêté du 10 avril 1996 créant, notamment, les formations complémentaires et additionnelles, réforme de l’arrêté sur la plongée aux mélanges autres que l’air, décret relatif au travail en hyperbarie, statut des navires support de plongée, mise en place de la validation des acquis de l’expérience, etc…). Les directions concernées du ministère, celle chargée des formations et celle chargée des sports, l’ont missionné à cet effet. Une suite positive a été donnée à plusieurs de ces dossiers.

Avant d’engager ces réformes, dont celle de la filière professionnelle, et afin de disposer d’un diagnostic partagé et actualisé de la situation de la plongée subaquatique de loisir en France et dans le monde, il avait proposé à la section permanente (SP) du comité consultatif de l’enseignement sportif de la plongée (CCESP) de réaliser, collectivement, un  état des lieux, l’Etude Socio-Economique de la plongée (ESE). Il a coordonné la rédaction de ce document, publié en décembre 2005.

En septembre 2007, il a choisi volontairement d’exercer une autre activité professionnelle, ce qui a mis fin à ces missions dans le domaine de la plongée subaquatique.

7 Question d'Aqua-web.net:
Tout ce que vous nous avez indiqué jusqu’à présent sur vos idées de réforme de l’arrêté relatif aux règles techniques et de sécurité de la pratique de la plongée n’a rien de révolutionnaire, d’autant plus que ce ne sont que des propositions. Par ailleurs, sur certains points, il ne semble pas y avoir opposition entre les propositions de la FFESSM et les vôtres. Y-avait-il d’autres sujets pouvant davantage faire débat ?

Michel CHAUVEAU:
Oui, j’en vois trois, et les ai signalés moi-même à la direction des sports
du Ministère chargé des sports, quand j’ai transmis mes propositions, en août 2007, lorsqu’elle me l’a demandé.

Le premier sujet concerne la création d’une "méthode française d’enseignement de la plongée". Vous aurez noté que cela faisait partie de la "commande" de la direction des sports du
Ministère chargé des sports. Elle n’est pas nouvelle, elle date de 1986 ! On peut d’ailleurs se demander pourquoi la CCESP et sa section permanente n’ont toujours pas donné suite, plus de vingt ans après !

L’analyse de l’ensemble de la SP, figurant dans l’
Etude Socio-Economique de la plongée (ESE) de 2005 que j’ai initiée et coordonnée, montre que notre système de formation et de certification est devenu illisible pour les français, qui plus est pour les étrangers. La FFESSM est une fédération délégataire. A ce titre elle peut délivrer au nom de l’Etat français les titres de champion de France dans les disciplines compétitives pour lesquelles elle a délégation, comme la nage avec palmes ou le hockey subaquatique, par exemple.

Mais, même si certains de ses membres, voire de ses responsables, ont pu de bonne foi le croire, cela ne lui donne pas de monopole en matière de délivrance des titres de plongeur, car il s’agit d’autre chose, non pas d’un titre de champion, mais d’une simple reconnaissance de compétences.

De fait, pendant un certain temps, la
FFESSM a eu ce monopole de délivrance de titres de plongeur, car elle était la seule structure à en délivrer en France, mais elle ne l’a jamais eu de droit. Depuis 1986, soit également depuis plus de vingt ans, la réglementation a affirmé le droit à d’autres structures d’en délivrer, en l’occurrence celles membres de la Section Permanente (SP).

Pour éviter trop de "cacophonie", le législateur a demandé que ces titres soient délivrés en référence et dans les conditions de certification au moins identique à ceux délivrés par la
FFESSM. Il n’empêche que certains membres de la SP, la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), le Syndicat National des Moniteurs de Plongée (SNMP), l’Association Nationale des Moniteurs de Plongée (ANMP) délivrent aussi des titres de plongeurs. Chacun passe convention avec d’autres organismes (PADI, SSI, maintenant NAUI), sans aucune concertation interne en SP, bien que je l’ai demandé. Evidemment, cela crée toujours quelques crispations, l’un accusant l’autre de ne pas respecter les conditions de délivrance des diplômes, ou de les brader … L’ensemble est donc peu "lisible" pour l’usager …

Ce droit de délivrer des certifications de plongeur offert aux membres de la SP constitue aussi un frein juridique à ce qu’entrent en Section Permanente (SP) d’autres acteurs de la plongée française, comme les équipementiers, par exemple, ou d’autres structures de formation implantées en France, qui ont des choses à dire et à entendre, car ils deviendraient car en l'état actuel de la rédaction des réglements en vigueur, ils deviendraient ainsi automatiquement et potentiellement certificateurs, ce que ne veulent pas certains membres actuels de la SP. Cela ajouterait aussi sans doute à cette "cacophonie".

Toutefois cette disposition permet aux autres membres de la SP, comme le Syndicat National des Entreprises de Plongée de Loisir (
SNEPL) ou l’Union des Centres de Plein Air (UCPA) qui n’ont pas voulu jusqu’à présent être certificateur de le devenir effectivement aussi. C’est ce qui se passera vraisemblablement avec le SNEPL, dont les relations sont actuellement tendues avec la FFESSM sur ce sujet, voire de l’UCPA, si elle en exprime un jour le besoin.

Par souci de lisibilité, et, sans doute aussi, d’unité et de simplification, il faut donc proposer quelque chose de nouveau, dans le respect des uns et des autres. Par ailleurs il n’est pas admissible qu’une personne qui a fait l’effort long et coûteux pour se former, obtenir un brevet d’Etat, devenir un professionnel, soit obligé, pour délivrer à ses élèves des titres de plongeurs, de passer obligatoirement par l’intermédiaire d’une structure privée, fédération ou syndicat, ce qui, d’ailleurs, ne correspond pas à la mission première de ces derniers. Les moniteurs professionnels ont la compétence pour reconnaître celle des plongeurs ; c’est bien d’ailleurs ce qui se passe dans la pratique. La "valeur ajoutée" des structures par lesquels ils sont obligés de passer n’apporte en effet qu’une validation administrative. Il faut que cette compétence leur soit reconnue juridiquement.

8 Question d'Aqua-web.net:
La lettre de la direction des sports du Ministère chargé des sports que vous avez citée indiquait "Le sens et l’utilité des titres de plongeurs me paraissent devoir être mieux précisé". L’avez-vous fait ?  

Michel CHAUVEAU:
Bien évidemment. C’est d’autant plus nécessaire qu’il y a trop de fantasmes sur ce sujet, liés à une forme de "sacralisation" de l’examen, ce qui fait bien scolaire, et assez "hors sujet" dans le domaine des loisirs, ce qui ne veut pas dire que cela ne doive pas être fait très sérieusement.

Un diplôme de plongeur, ce n’est pas une médaille, c’est une information sur la compétence de celui qui demande un service à celui qui peut le lui offrir. Cette information est utile, mais non suffisante. Ces titres de pratique constituent en effet un élément d’information permettant aux établissements organisant la pratique et l’enseignement de la plongée subaquatique de loisir et, notamment, au directeur de plongée comme au guide de palanquée, ou à l’enseignant concerné, de proposer aux plongeurs disposant de ces titres une offre de service adaptée.

Ces informations doivent être complétées par l’expérience du plongeur qui peut être décrite dans des documents sur support papier ou informatique, de type carnet de plongée, et par d’autres informations qu’il peut ou doit donner oralement sur sont état physique et sa pratique sportive.

Il faut revenir à l’utilité première du diplôme de plongeur et redonner davantage d’importance à l’expérience, donc au carnet de plongée, qui permet de la décrire, au moins en partie. Cela était demandé par la lettre
du 13 avril 2007 de la direction des sports du Ministère chargé des sports.

9 Question d'Aqua-web.net:
Plus globalement, quelles sont vos autres propositions sur cette "méthode française" ?  

Michel CHAUVEAU:
J’y viens, en effet. Elles sont guidées par quelques principes : unicité de référence pour tous, en France ; responsabilité des moniteurs qualifiés et des structures habilitées ; "traçabilité" des diplômes.

Mes propositions relative à cette commande de la direction des sports du
Ministère chargé des sports pour la création d’une "méthode française d’enseignement de la plongée" ou, pour faire plus simple, « méthode française de plongée », car il s’agit davantage de certification que de formation, reposent principalement en cinq points :

  • un « cahier des charges » des titres de plongeurs serait défini, sur la base de compétences à atteindre ; ce serait l’unique "méthode française de plongée" (MFP), la référence pour tous, en France ;
  • en plus des brevetés d’Etat, reconnu compétents à ce titre et régulièrement contrôlés, le Ministère chargé des sports agréerait une liste d’organismes autorisés à délivrer des titres de plongeurs, (en effet, il faut pouvoir permettre à des moniteurs fédéraux (FFESSM et FSGT), liés par définition à une structure, de continuer à participer à l’évaluation et la certification) ; en fait, même si cette liste est potentiellement ouverte, dans la mesure où la compétence juridiques des brevetés d’Etat serait reconnue à ce titre, comme je le propose, il n’y a pas vraiment lieu d’aller, sur cette liste, au-delà des deux fédérations déjà reconnues, FFESSM et FSGT, toutes les structures commerciales étant supposées disposer d’au moins un breveté d’Etat ;
  • le contrôle du respect de ce cahier des charges serait fait régulièrement (il y a déjà environ 200 contrôle d’établissement de plongée par an) ; il pourrait aboutir, en cas de non respect, à retirer ce droit à un moniteur ou un organisme de cette liste ;
  • le carnet de plongée  (et les feuilles de palanquées, enfin rendues obligatoires), serait renseigné de manière suffisamment précise, plus qu’actuellement ; il serait attesté d’un enseignant habilité clairement identifiable ; il serait obligatoire pour les plongeurs postulant à un titre de plongeur de la méthode française de plongée, et, de fait, rendu nécessaire pour plonger en établissement d’activité physique et sportive (autre terme, mieux défini dans mes propositions) ; le titre de plongeur préciserait, pour chaque élément de compétences les noms et coordonnées de la personne qui l’a reconnue ; il faut assurer davantage de responsabilité et de "traçabilité" dans la délivrance de ces titres ; par analogie on note que c’est déjà le cas pour le certificat médical de non contre-indication, et personne ne s’offusque de cela ;
  • dans ce cadre, dans le respect de ce cahier des charges, chaque structure, ou chaque enseignant, serait libre de sa méthode pédagogique.
Voilà  les grandes lignes. Mon projet précise certains points techniques, bien évidemment. Rien n’interdit, par exemple, que pour la délivrance de certains titres de plongeurs, ce ne soit possible que pour des brevetés d’Etat de niveau supérieur, ou que plus d’un soit nécessaire. Il est également sans doute bon de prévoir un unique fichier des diplômés (dont la gestion pourrait être confiée à la fédération délégataire), et un modèle standardisé de diplômes.

10 Question d'Aqua-web.net:
Tout  cela n’est pas non plus vraiment révolutionnaire, même si cela bouscule un peu les choses, en tentant d’apporter unicité, clarté et lisibilité. Est-ce réellement préjudiciable à la FFESSM, selon vous, puisque son président l’écrivait ?

Michel CHAUVEAU:
A mon avis, non, bien au contraire. Car, fondée sur son expérience pédagogique avérée, la fédération délégataire (FFESSM) dispose d’atouts considérables pour proposer des éléments de ce cahier des charges, et le faire valider par le Ministère chargé des sports. L’approche de la certification sous forme de compétence à atteindre n’est pas nouvelle pour elle, ni pour d’autres membres de la Section Permanente (SP), d’ailleurs. Il suffit de lire le Manuel du moniteur FFESSM ou les documents de l'ANMP ou du SNMP, pour s’en convaincre.

Mais je peux imaginer qu’en première approche, dans le cadre d’une étude sommaire de mes propositions, ces modifications puissent l’inquiéter un peu la
FFESSM. Sans doute a-t-elle besoin de temps pour ne pas se contenter d’une étude sommaire.  Il faut qu’elle puisse voir ses propres intérêts, à termes, comme ceux de ses licenciés et, plus généralement, celui des plongeurs (qui en représentent plus du double) comme celui du développement de la plongée.

En tant que membre de cette fédération (
FFESSM), je souhaite simplement qu’elle n’en prenne pas conscience trop tard. J’observe que de plus en plus de français se forment maintenant selon d’autres méthodes que celles mises en œuvre par les membres de la Section Permanente (SP).

Nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine avec Michel CHAUVEAU pour le 3eme épisode de la série:

Un arrêté en panne, entretien 3: Comment accueillir correctement tous les plongeurs et moniteurs ?

N'hésitez pas à laisser vos commentaires comme visiteurs ou inscrits en bas de cette page.

 

Pour aller plus loin

Notre précédent article: Un arrêté en panne ?

Notre précédent article: Un arrêté en panne, entretien 1: Quelles étaient les orientations de la réforme ?

Notre article: Un arrêté en panne, entretien 3: Comment accueillir correctement tous les plongeurs et moniteurs ?

Notre article: Un arrêté en panne, entretien 4: Pourquoi la réforme est-elle en panne ?

Communiqué de l'ANMP et interview de Michel Chauveau 

Droit de réponse de Michel CHAUVEAU suite au communiqué de l'ANMP: Réaction de Michel Chauveau et communiqué ANMP  

Site officiel du Ministère chargé des sports

Site officiel de l'INSEP

Présentation du code du sport sur le site du Ministère français chargé des sports

Présentation et téléchargement de l'Etude Socio-Economique de la plongée (ESE)

Site officiel de la FFESSM: Fédération Française d'Etudes et des Sports Sous-Marins

Site officiel de l'UCPA: Union des Centres de Plein Air

Site officiel de la FSGT: Fédération Sportive et Gymnique du Travail

Site officiel du SNEPL: Syndicat National des Entreprises de Plongée de Loisir

Site officiel de l'ANMP: Association Nationale des Moniteurs de Plongée

Site officiel du SNMP: Syndicat National des Moniteurs de Plongée

Site officiel de SSI: Scuba School International

Site officiel de PADI: Professional Association of Diving Instructors

Site officiel de NAUI: National Association of Underwater  Instructors

Pour contacter Michel CHAUVEAU






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Commentaires (2)add comment

Bernard13 said:

le carnet de plongée (et les feuilles de palanquées, enfin rendues obligatoires), serait renseigné de manière suffisamment précise, plus qu’actuellement ; il serait attesté d’un enseignant habilité clairement identifiable ; il serait obligatoire pour les plongeurs postulant à un titre de plongeur de la méthode française de plongée, et, de fait, rendu nécessaire pour plonger en établissement d’activité physique et sportive (autre terme, mieux défini dans mes propositions) ; le titre de plongeur préciserait, pour chaque élément de compétences les noms et coordonnées de la personne qui l’a reconnue ; il faut assurer davantage de responsabilité et de "traçabilité" dans la délivrance de ces titres ;
Je suis aussi pour le retour du carnet de plongée et de la revalorisation de l'expérience en situation de plonger...
 
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19 May, 2008
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Jacques said:

De fait, pendant un certain temps, la FFESSM a eu ce monopole de délivrance de titres de plongeur, car elle était la seule structure à en délivrer en France, mais elle ne l’a jamais eu de droit. Depuis 1986, soit également depuis plus de vingt ans, la réglementation a affirmé le droit à d’autres structures d’en délivrer, en l’occurrence celles membres de la Section Permanente (SP).
Si je comprends bien la FFESSM n'a jamais été délégataire en plongée....mais en chasse sous-marine, nage avec palmes...qui sont des disciplines sportives.
 
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