Eléments
de conclusion : |
ELEMENTS
DE CONCLUSION:
Il est toujours délicat de vouloir conclure une telle étude qui
se veut être un diagnostic partagé des experts de la plongée
subaquatique de loisir en France sur la situation actuelle et ses tendances d’évolution,
diagnostic permettant de fonder une réforme
de la filière professionnelle de l’encadrement
de cette activité.
Le diagnostic n’est pas toujours unanimement partagé, mais il semble
y avoir accord sur au moins deux points fondamentaux : la plongée subaquatique
de loisir est toujours en développement ; une réforme de la filière
professionnelle est nécessaire. On
rappellera seulement ci-après les principaux aspects de ces éléments
de conclusion.
1) Les grandes évolutions en cours ou prévisibles,
perspectives de développement :
Incontestablement, la demande de pratique de la plongée sous-marine
se développe au plan national et international. L’importance
de l’offre de
plongée dans les propositions des voyagistes le prouve, de
même que l’augmentation du nombre de structures
associatives et professionnelles sur le plan national. Le nombre
total de plongeurs augmente également.
Le besoin d’un encadrement qualifié va de pair.
Parmi les nouveaux plongeurs, une proportion significative cherche
moins qu’auparavant à ce que sa formation soit assurée
systématiquement dans des structures
associatives. Il se tourne donc vers des moniteurs professionnels
et/ou des structures commerciales, en France, et parfois même à l’étranger.
Il semble pourtant opportun de préciser que la fédération
a quitté une situation quasi monopolistique qu’elle
a connu pendant de longues années pour entrer
dans un jeu de type concurrentiel ; compte tenu d’un engouement
moins marqué pour le dispositif associatif
vécu par l’ensemble des pratiques sportives, la FFESSM
met en oeuvre une réelle politique de
communication qui lui permet de consolider ses effectifs, voire de
renverser une tendance à l’érosion
constante rencontrée ces quelques dernières années
par une légère augmentation
du nombre de ses licenciés (cf. statistiques fédérales
2005).
On note que la grande majorité des plongeurs souhaite rester à un
niveau de qualification qui limite leur accès à l’autonomie.
En conséquence,
ils demandent à disposer d’un encadrement pour continuer à pratiquer
cette activité. On note également
qu’une partie des publics dont les effectifs sont en développement,
les seniors par exemple, semble souhaiter également
pouvoir continuer à disposer
d’un encadrement.
Le marché français de la plongée est un des
plus attractif d’Europe, tant par son potentiel de développement économique,
que par la pluralité et
la richesse de ses sites. Le contexte juridique particulier du système
d’encadrement des APS en France,
conforté par « l’exception juridique » reconnue
par la Communauté Européenne (CE), n’a
pas permis aux grands organismes commerciaux,
notamment anglo-saxons, de s’implanter comme ils le souhaitaient
sur ce marché. Depuis de nombreuses années, ils utilisent
donc tous les vecteurs possibles pour faire reconnaître les
qualifications de leurs encadrants sur le territoire.
La concurrence qualifiée parfois de déloyale entre
les structures associatives et professionnelles était une « particularité française »,
compréhensible
au début du développement de l’activité.
Elle l’est moins aujourd’hui. Des initiatives conjuguées
entre le mouvement associatif et les services de l’Etat peuvent
amener à une meilleure répartition de l’activité,
respectueuse de la réglementation. C’est sans doute
une nécessité, vu la concurrence internationale.
2) Intérêt d'une réforme de la filière
professionnelle :
qualifications aux besoins professionnels, plus au niveau qualitatif
que quantitatif. Les employeurs, s’ils vantent les compétences
pédagogiques des
encadrants professionnels, déplorent les lacunes dans certains
des autres secteurs de compétence, et regrettent d’être
obligé de recruter des enseignants BEES 1 surqualifiés
pour les affecter à d’autres
tâches. Dans ce contexte, la rénovation de la filière
professionnelle de la plongée subaquatique de loisir peut contribuer à la
fois à assainir la situation et à répondre à un
besoin réel du mouvement associatif
et des professionnels.
En effet, avec l’accentuation considérable de la demande
en période estivale en métropole conjugué au besoin
d’encadrement professionnel des palanquées, mais
aussi aux besoins dans des domaines périphériques de
l’activité (bateau,
matériel,
accueil …), la création d’une première qualification
d’encadrant, à un
niveau IV 89, peut être une solution.
Elle pourrait permettre de répondre à ces besoins et éviter
le recours irrégulier à des moniteurs
non diplômés d’Etat, donc non autorisés à exercer
contre rémunération. Si l’on ne souhaite pas alourdir
inutilement ce niveau IV de qualification et retomber dans les travers
actuels, il ne faut pas viser l’autonomie d’installation
et d’organisation de l’activité,
mais plutôt la complémentarité d’exercice
sous la tutelle d’un moniteur de niveau supérieur.
Simultanément, il conviendra de renforcer les compétences
commerciales et professionnelles du brevet d’Etat d’éducateur
sportif 1er degré actuel,
qui constitue en quelque sorte le « coeur de métier »,
en le positionnant au niveau III et en maintenant ses prérogatives
en matière de formation, tout en lui
donnant de nouvelles compétences en phase avec l’évolution
des pratiques et les besoins du marché.
La structuration de niveaux IV et III de qualification devrait être
de nature à justifier la mise en place d’un niveau II
de qualification, dont les compétences
seraient centrées sur la formation de cadres, mais également
la gestion et le développement des activités
subaquatique.
Il faudra également trouver une réponse adaptée à la
problématique de l’encadrement des activités subaquatiques
se déroulant sans scaphandre, notamment celles
ayant une dimension compétitive. Ces secteurs d’activité,
même s’ils ne sont pas
prédominant, existe et sont assez particuliers et émergents
pour que l’on s’intéresse aux développement
de la niche d’emploi correspondante.
Les éléments d’informations données précédemment
sur l’historique du développement de la plongée
subaquatique de loisir, en France et dans le monde, montrent que des
possibilités
d’emploi existent réellement.
Toutefois, bien évidemment, la rénovation de la filière
professionnelle ne peut être qu’un élément
d’amélioration
du dispositif actuel du développement
de la plongée subaquatique de loisir.
Comme on l’a vu, la situation économique de ce secteur
n’est pas encore satisfaisante, tant pour des raisons d’organisation,
de concurrence, de respect de la réglementation,
de tarification et de qualité des prestations, notamment. Il
sera nécessaire d’agir aussi
sur ces différents leviers.Bien évidemment, ce n’est
pas, en soi, la création d’une qualification professionnelle
de niveau IV qui permettra de mieux rémunérer les moniteurs
de niveau supérieur, même si ce dernier est également
mieux formé. La réforme devrait contribuer à la
lutte contre « l’emploi dissimulé » ou le
travail « au noir », mais aussi et surtout permettre de
créer une filière
cohérente 90, avec une progression de carrière répondant
mieux aux besoins des professionnels.
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